Voici un joli projet partagé qui met en jeu, le raisin et l’expérience d’un vigneron, Anthony Vidal, la peinture et le talent d’une artiste peintre, Laurence Fabre, et les mots et la voix de la tête dans le cru. Cette collaboration entre Arts et Vin est née d’une rencontre inopinée, d’une amitié naissante et d’une complicité évidente.
Un vin : Domaine du Bartassou, Renaissance 2023
La cuvée « Renaissance » 2023 porte bien son nom. Elle est le symbole d’un retour à la joie de vivre d’un vigneron, qui a réussi à surmonter des difficultés personnelles et professionnelles. Ce grenache, élevé en fut, est un vrai « OVNI » objet vinifié non identifié ! Il ne laissera pas indifférent et se démarque par sa singularité. Anthony sait faire des vins « glouglou ». Avec cette cuvée, il a voulu faire autrement, comme un phénix, il a voulu renaitre de ses cendres.
Une dégustation en 2 temps :
Jour J : Robe grenat foncé, on ne s’attend pas à cette coloration pour un grenache. Au premier nez, du bois chauffé dominant, au deuxième nez de la cerise cuite au chaudron et du cuir. C’est intense. En bouche, de l’amertume et de l acidité, ça chauffe pas tant que ça, malgré des notes de café torréfié. Ce vin est à classer dans la famille des vins naturels sans défaut attendu : cul de vache, brett, goût de souris, gaz. Mais le joli grenache du Bartassou est encore bien trop écrasé par l’élevage.
Jour J+1 : un nez plus équilibré avec du bois plus discret, des cerises avec leur noyau au kirsh, et du camphre. En bouche, c’est chaleureux et de belle longueur. Du coup, tout en restant modeste, cela pourrait se rapprocher d’un profil Châteauneuf du pape ! Ce vin doit attendre encore un peu avant d’être servi, avec une aération douce et longue. Il se mariera parfaitement avec des grillades, côte de bœuf grillée, un plat mijoté et fumé comme des lentilles aux 3 saucisses (Morteau, Montbéliard, Toulouse) ou encore un dessert au chocolat noir.
Une toile pour l'étiquette - Artiste : Laurence Fabre
D’emblée, la palette de bleus domine le regard. La matière est dense, travaillée en relief, donnant à la surface une dimension tactile. Les empâtements et les touches fragmentées confèrent au fond une profondeur en mouvement. Ce qui frappe particulièrement est la fusion entre le corps et le fond : les contours ne sont jamais totalement nets. Laurence Fabre semble refuser la séparation stricte entre sujet et environnement. La figure n’est pas dans le paysage — elle en est une émanation.
Au centre, le corps féminin, stylisé et sans visage, devient une présence archétypale plutôt qu’un portrait individuel. L’absence de traits inscrit la figure féminine dans l’universel : elle est muse, déesse, mère. Les formes sont douces, arrondies. Le modelé en blanc bleuté crée une sensation de lumière interne.
Les éléments dorés introduisent un contraste saisissant. Ils captent la lumière et rompt la dominance froide du bleu. Ce dialogue chromatique entre le bleu et l’or installe une tension symbolique : le spirituel et le terrestre, l’infini et la chair, la fluidité et la matière précieuse.
En définitive, cette œuvre propose une méditation plastique sur la féminité, la fertilité et l’énergie créatrice. Par la richesse de la matière et la puissance chromatique, l’artiste offre une expérience sensorielle intense, où le regard se perd et se régénère dans le rythme des formes et des textures.
Une chanson pour la contre étiquette : Femmes bleues
Écrite par mes soins et composée par un ami, Gilles Muller, cette chanson s’ancre dans la pop. Elle a été crée au regard des toiles de l’artiste, que je côtoie quotidiennement, puisque Laurence est mon épouse. J’ai donc la chance de ne pas devoir séparer l’artiste de la femme, et même de ma femme !
Vous trouverez, sur la contre étiquette de la bouteille, un QR code, qui ne vous renseignera pas sur la composition du vin, mais qui vous permettra d’écouter le morceau.
Femmes bleues, bras tendus, grappillent la treille
Femmes nues, buvez ce jus, gorgé de soleil
Dansez, sur ou sous, les nuages dentelés
Dansez dans l’esprit de l’artiste éclairée !
Au plaisir de vous retrouver autour de cette belle bouteille, promesse d’une dégustation intéressante, de regards aiguisés et de mœurs adoucis.





Laurence Fabre
25 février 2026 à 10 h 19 min
❤
Merciii ❤️. ❤️. ❤️. ❤️.