Accueil Bio Un son, un vin : Eloïse – février 2021

Un son, un vin : Eloïse – février 2021

655
IMG-20210214-WA0003

 

Un vin à écouter, à lire, à déguster…

Un vin cher est de moins en moins rare mais un vin rare est-il toujours un vin cher ? Les vins de Jean-Benoît Plagnol sont rares sans être chers. Le domaine ne se réserve que très peu de raisins, juste assez pour produire deux mille bouteilles de vin. C’est donc comme une aubaine de pouvoir y goûter. Partager ses bouteilles, c’est comme partager des secrets. Devons-nous  les taire ou les divulguer ? Comme le vin délie les langues, nous nous en allons parler.  

Un drame fit le tournant, le viticulteur chevronné perdit un ami et abandonna l’usage de pesticides et de tout autre produit en -ides : fongicides, insecticides, herbicides. Désormais de bio et de naturel, il est avide.

Les cuvées du domaine portent toutes des prénoms. Ceux des gens qui comptent. Ceux des gens qu’il aime.  Éloïse est le prénom d’une de ses filles.

_20200119_213905Avant de rencontrer Eloise, je connus Raymond. Un vin de France, assemblé de gamay et de chatus. 100% raisin sans sulfite ajouté. Un vin qu’on est heureux de boire parce qu’il est bon, d’abord, mais aussi parce qu’il est rare. Une rareté due à la présence du peu répandu chatus (à prononcer comme anus, phallus, utérus) vieux cépage ardéchois, qui fait de ce vin un jaja singulier et offre une buvabilité maximale, idéale pour l’ivresse joyeuse !

IMG-20210214-WA0003Puis arriva, Eloïse. Elle avait un air de famille, les étiquettes des deux bouteilles  étaient plus que semblables. 100% grenache sans sulfite ajouté. La robe du vin était comme celle dessinée sur l’étiquette, rubis peu colorée et pas des plus limpides. Un nez fruité, mais aussi kirsché, un peu comme des cerises à l’alcool. Peut-être un peu volatile, sans être désagréable, avec des effluves de vernis à ongles qui disparurent à l’aération. Une touche florale compléta le bouquet. En bouche, un très délicat frisant s’apaisa dans le verre. Puis arrivèrent un caractère onctueux et une texture souple et soyeuse caressant le fruité retrouvé.

Les gens qui voient de travers pensent que les vins natures qu’on boit sur les comptoirs, sont faits pour les incompétents ou les inconvenants. Mais c’est une absurdité car à la vérité, ils sont là c’est notoire, pour ravir quelque temps les buveurs débutants.

Les amoureux qui s’régalent des vins classiques, vins classiques, vins classiques passez votre chemin. Si l’originalité vous effraie ne buvez pas ce vin.

IMG-20210214-WA0010Maintenant, dois-je vous dire quel est le filon pour trouver cette modeste pépite ? Non loin des rives de l’Ardèche, direction Les Salelles, en son berceau. Pour les Nîmois, suivez le cours de l’Agau et arrêtez vous à L’Épicerie avec quinze balles. Pour cette bouteille, ce sera là et nulle part ailleurs.

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par La tête dans le cru
Charger d'autres écrits dans Bio

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Grande Courtade – l’instant – 2016

Grande Courtade – l’instant blanc – 2016 IGP pays d’Oc Blanc ̵…