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Rencontre de vignerons – Argilliers

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Une simplicité annoncée : 12 vignerons seront présents dans la cour d’école d’Argilliers au cours de ce dimanche printanier. Une fois arrivé, j’hésite à m’engager… Ça sent la fin de « salon », le lieu est loin d’être bondé, mais ce n’est pas la foule qui fait la qualité, et bon, à être là … Un verre de dégustation à 2 € , prix très raisonnable, et je pars à la recherche de vins « propres » et bons. A vue de nez, un seul domaine affiche un label « Bio » : la Bégude Poulon. La dégustation est rapide, pour les trois couleurs, les vins sont faciles, simples, et autour de 5€. Rien à dire, c’est bien pour le quotidien. Je m’attarderai plus volontiers autour de 2 autres barriques: Le domaine de Comiac et Le domaine de Coulorgues.

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Pas de label « AB », mais deux vignerons passionnés et bavards qui travaillent dans le respect de leurs vignes. Il faut dire que le plaisir à les écouter parler de leur parcours, de leur façon de faire du vin, de leurs difficultés, de leurs réussites a été aussi important que celui éprouvé à boire les 2 vins que j’ai retenus et dont je vais écrire quelques mots.

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Marc Laurent n’est pas un jeune « perdreau » dans le monde du vin. Il a été œnologue avant d’être vigneron. Un « cursus » complet de la vigne au chai. Et, c’est avec ce recul, et d’autres épreuves de la vie,  qu’il sait la nécessité d’une viticulture sans pesticide, sans produit de synthèse pour la bonne santé du « faiseur » et du « buveur » de vins. C’est aussi un homme des champs, un paysan, qui loue la vie à la campagne et sourit de notre quotidien de citadin ou de comment manger une cuisse de poulet « bio » sans se ruiner ? 

Coté vin ce sera le rouge « Bacchanales ».

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Les Bacchanales, en IGP des Cévennes, c’est beaucoup de grenache 90% et un peu de merlot 10%. Un assemblage singulier pour un vin à la fois fruité et épicé. Des arômes de fruits noirs et de garrigue arrivent dès le premier nez. La bouche confirme. Le vin s’équilibre entre des tanins fondus et une finale fraîche. Le taux d’alcool est maîtrisé. Le vigneron veut éviter de faire des vins « technos », flatteurs au nez et plats en bouche. L’objectif est atteint. Cette cuvée affiche à la fois la simplicité de celui qui l’a faite et la gourmandise de son cépage principal. Il accompagnera volontiers les grillades d’un soir d’été ou encore le poulet grillé du dimanche familial.

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Autre vigneron, autre style. Au départ Frédéric Kchouk a une formation de sommelier, puis l’envie et l’opportunité lui font acheter un hectare de vignes près d’Uzès. Naturellement quand des vignes proches de son domicile et au pied du Mont Bouquet sont à la vente, il ne résiste pas et acquiert sept hectares. Il devient alors, LE Vigneron du Mont Bouquet bénéficiant d’un terroir « unique » avec un sol très caillouteux à 280 mètres d’altitude. En conversion à la viticulture biologique, tout est réuni pour de belles réussites : un vigneron motivé, un terroir singulier et des pratiques respectueuses de l’environnement. Autre particularité, Frédéric n’est pas vigneron à 100%, il partage son temps entre un emploi dans une cave coopérative et ses vignes. Il évoque les choix à faire et les difficultés pour pouvoir vivre seulement de son vin, néanmoins il se satisfait de cette vie. Il ne possède pas de chai, et après avoir vinifié son vin dans les caveaux de « Natura », il le fait maintenant dans les cuves de la cave coopérative où il travaille. Et comme un autre signe d’hyperactivité, il a ouvert avec sa compagne un caveau pour promouvoir et faire découvrir ses vins. Cela se trouve à Seynes au cœur du village. Parmi ses propositions, une idée originale un « Rouge ô piment », qui j’en suis certain, trouvera son public dès cet été, chez vous, autour de tapas, grillades et ou encore dans les bars à vins branchés nîmois. Mais pour ma part, la cuvée qui a retenu mon attention, c’est la cuvée « Mont Bouquet ».

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En AOP Duché d’Uzès, ce vin titre 12,5%. C’est sa première qualité. Proposer des vins méridionaux qui n’assomment pas avec un taux d’alcool trop important est un des objectifs principal de Frédéric Kchouk. Il pousse même l’idée d’apporter un « style » bourguignon à cette cuvée. Elle est composée à 60% de syrah et 40% grenache. Elle bénéficie d’un élevage d’un an de barriques de plusieurs vins. La robe est brillante, le nez est délicat sur les fruits rouges et les épices. En bouche, le vin a une belle matière, les tanins sont fins. Joli vin qui joue plus sur la tension que sur la rondeur. En attendant encore quelques temps, ce vin pourra accompagner un repas de gastronomie. Patience. Encore une fois, le vin ressemble à celui qui l’a fait : dynamisme et vivacité. 

Arrivé sans trop d’informations et peut être encore moins de conviction, je suis reparti de cet événement, ravi de ce moment passé avec ces 2 vignerons, mais aussi avec 6 quilles pour me souvenir de leur travail.

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