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Traité de bon usage de vin – Rabelais

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L’hiver est bien là et avec lui son lot de nez qui coulent et de ventres qui gargouillent. Voici quelques recommandations de François Rabelais, qui fut moine peu conventionnel, médecin à ses heures mais surtout merveilleux auteur de Pantagruel et Gargantua. Un homme aussi brillant ne peut être de mauvais conseils même si ces derniers datent de la Renaissance. Voici en guise de posologie un extrait du Traité de bon usage du vin.

Traité%20Rabelais[2]

« L’usage du vin … est de toutes les actions humaines ce qui le distingue des autres créatures terrestres ; le vin a maintes qualités et guérit les maux de l’âme ; 

 il convient de prescrire une bouteille de mousseux contre le découragement, l’atrabile, la contrition, la tristesse, la peine, la nostalgie, la mélancolie, l’ennui, le sorbonisme, le dessèchement du cerveau et les contrariétés ; un seul clystère bachique vaut mille cent purges, et un seul flacon toutes les décoctions et ventouses ;

il faut boire du vin à grand renfort contre, entre autres : la morve et la gourme (au nez ou dans les culottes), la pestilence des dents, le patois de Savoie, les calculs à la vessie, la tumeur des attributs, la pisse chaude, la figue au cul, la nombrilite;

Contre divers maux, préférez les vins souscrits : de Gascogne contre la gale, de Bourgogne contre la rogne, et caetera. Pour certains de ces maux, il convient parfois de mélanger le vin avec d’autres ingrédients parmi lesquels : la cannelle, l’armoise, la sauge, la merde de porc écorché, la fiente de pigeon, l’edelweiss ;

Une âme folâtre est grande salubrité : le buveur de bonnes mœurs sait s’en souvenir. Un vin exquis, bu tripe creuse, renouvelle les forces [...] C’est pourquoi il convient, dès potron-minet, de se rincer le museau, de s’humecter les poumons, de se laver les tripes : ainsi vous serez fringants et ingambes [...]

Le vin vous donnera le jour durant des selles fermes et assurées, que le sage Epistémon nomme papales, car elles sont par nature infaillibles. Qui au contraire boit dès le matin de l’eau ou quelque liquide analogue sera ramolli et cul-pendant jusqu’aux ultimes heures vespérales ; et il se couchera en sueur et aura des cauchemars. Et au contraire qui boit du vin aura la conscience tranquille et l’esprit paisible jusqu’au crépuscule ; et ainsi jour après jour et derechef.

 Et le vin vous donnera pisse saine et rose, veloutée comme bois de cerf. Alors que les buveurs d’eau l’auront trouble et soufrée. Et le vin vous donnera une verge puissante et belle, que vous brandirez à volonté et observerez avec contentement. Alors que les buveurs d’eau l’auront pleine de bulles et de hoquets. »

Que ceux qui appliquent ces recommandations n’oublient pas de partager leurs expériences et leurs ressentis. A votre santé !

 

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